Player
Player c’est le groupe de Soft Rock formé à Los Angeles par Peter Beckett et John Charles Crowley, qui s’est distingué en 1977 avec le titre Baby Come Back, un des slows les plus mémorables de l’histoire. Donc une question … est ce qu’il s’agit d’un groupe à un seul succès ou bien allons nous avoir de bonnes surprises en explorant un peu leur discographie ?
Baby Come Back
Nous commençons forcément avec Baby Come Back … vu le titre, nous nous doutons qu’il s’agit d’une supplique pour qu’elle revienne. En fait nous devrions le dire au pluriel, puisque les auteurs de la chanson et fondateurs du groupe étaient tous les deux en rupture. La légende dit que la chanson fut écrite et composée en moins de deux jours. C’est peut être tout cela qui a donné ce plus d’émotion :
Un titre Soft-Smooth Rock travaillé et mélodieux, à la limite du Blue-Eyed Soul, le groupe a fait des première parties pour Boz Scaggs ou Gino Vanelli, ce n’est pas par hasard. J’ai toujours aimé le solo final de guitare, propre et sans frime, un vrai son qui évoque la cote ouest.
Mais qui a osé remixer ?
Avec un titre aussi typé, je me demandais qui avait osé en faire autre chose. Pour faire durer le plaisir, il y a quelques versions longues, notamment la Soul Purrfection, également éditée en 1977. Comme elle est plus longue, l’ambiance SoftRock prends le pas sur le Slow :
Renouveler un titre pareil, ce n’est pas si facile, le groupe s’y est essayé avec une version de 2013, issue de l’album Too Many Reasons. Une version moins électrique, plus Pop-Folk, ou le final a été remplacé par un son classique. La version est brillante, mais je trouve qu’on y perds de l’émotion, sur un rythme qui reste lent mais qui n’est plus un slow, je vous laisse juger :
Coté remix, j’ai finalement retenu un Cover de Lisa Stanfield en 1998, avec une ambiance Jazzy, plus rapide, mais qui démarre en rappelant le son au goût synthétique [1] de l’intro originale, une séquence qui se reconnaissait dès les premières notes et que l’on a plaisir à retrouver.
Dans le même album Player, on trouve aussi le titre Movin’Up qui est d’essence complètement différente: Pop, dynamique, dansant, comme le laisse entendre le titre qui fait référence au mouvement :
Love in the Danger Zone
Avec ce titre, sorti en 1978, nous trouvons le son SoftRock (ou RockFM) typique de la fin des années 70s (Foreigner, Toto …) aux années 80s. Un genre musical qui se caractérise par l’association d’une orchestration Rock classique (batterie, basse, guitares) avec un son synthétique marqué et un tempo plutôt tranquille.
Dans cet album j’ai également retenu le titre I just Wanna Be With You, qui pourrait presque être qualifié de Progressive, sur un tempo lent avec plusieurs mouvements et une intro bien étrange pour du SoftRock.
Room With a View
Cet album sort en 1980 et nous y trouvons un son West Coast agréable et très travaillé comme il se doit. Nous commençons avec le titre Giving’ It All, en mode Blue Eyed Soul, avec des passages qui font penser à Al Jarreau (0:14) ou à Michael McDonald (0:35).
Pour ce son Californien, on parle aujourd’hui de Yatch Rock qui inclue des influences Jazz et Soul, une idée d’évasion, souvent un piano électrique (comme le Fender Rhodes que l’on trouve dans la House classique), de très bons musiciens, des arrangements sophistiqués, un focus sur la mélodie. Et un rythme lent particulier, une sorte de Cha-Cha-Cha groovy : le Doobie Bounce, que l’on retrouve (d’où le nom) dans la musique des Doobie Brothers.
Dans le même album j’ai retenu trois titres qui sont un peu différents.
Je commence par It’s For You pour le Saxo qui trouve plutôt bien sa place dans un environnement musical SoftRock, mais qui nous entraine presque dans un registre pop/variétés Américaine :
Puis le titre Who Do You Think You Are, pour son coté dansant. Une titre qui n’a rien à voir avec celui des Spice Girls ou d’autres groupes (Duran Duran, Jigsaw …) mais qui me fait penser à la Vie Electrique de Aline (en 2015). Peut être le rythme et les uh-uh que l’on retrouve dans les deux morceaux.
Et pour finit le titre Upside Down Again, qui une sorte de mélange de plusieurs influences, un riff qui se dilue dans une ballade romantique, qui revient au rock en fin de partie avec un solo de guitare électrique, un final qui est signature de Player, je vous laisse écouter :
En conclusion
Finalement, Player ce n’était pas qu’un one single group. De mon point de vue, il n’y a plus de titre marquant (sauf peut être Love in the Danger Zone) mais il y a des bonnes choses à écouter, il faut juste laisser partir Baby et chercher sur la durée. Il y a aussi l’empreinte laissée par ce type de musique, un peu ringardisée dans les années 2000, mais la qualité WestCoast ne peut qu’inspirer d’autres musiciens. J’en veux pour preuve le titre Daydreaming sorti en 2023, par NxWorries, le duo formé par Anderson . Paak et Knxwledge. Nous sommes ici dans un registre HipHop et néo Soul, complètement différent, mais écoutez …
En faisant abstraction de l’ambiance GTA qui me parait dissonante, nos oreilles retrouvent des codes du Soft Rock, le solo de guitare est sublime (à partit de 1:57) et un peu de Baby Come Back non ? Donc l’histoire n’est peut être pas pas finie …
A propos ...
- Baby Come Back by Player – https://www.songfacts.com/facts/player/baby-come-back (Song Facts).
- Player Album – https://en.wikipedia.org/wiki/Player_(Player_album) (Wikipedia).
- [1] Synthétique ? Cette intro a fait couler beaucoup d’encre, quels sont les moyens utilisés pour produire la ligne instrumentale ? Deux guitares en chorus avec Reverb et Delay ? Sortie via une cabine Leslie (Leslie guitar) ? Clavinet, Mini Moog, Solina (ARP) Sring Ensemble, Uni-Vibe Chorus/Vibrato, Flanger ? Ce qui était vraiment utilisé à l’époque ne semble pas être définitivement tranché, il faudrait poser la question à Beckett et Crowley.
- Electric Piano – https://en.wikipedia.org/wiki/Electric_piano (Wikipédia).
- Yatch Rock – https://en.wikipedia.org/wiki/Yacht_rock (Wikipedia).